• CE QU'IL FAUT SAVOIR SUR L'OPUS DEI

    LE POINT SUR L'OPUS DEI (article d'Emma Deverny paru dans le journal "Il est vivant" en mai 2006)
        
    La thèse de Dan Brown "L'Opus Dei est une œuvre catholique fortement controversée, qui a fait l'objet d'enquêtes judiciaires à la suite de plaintes de certains membres pour endoctrinement, coercition et pratiques de mortifications corporelles dangereuses", affirme Dan Brown dans l'introduction de son livre "Da Vinci Code".
        
    "Bénie soit la douleur", "la souffrance est salutaire", assène Silas, le géant Albinos et moine de l'Opus Dei.
    Tout au long du roman, il se révèle être un assassin sanguinaire, particulièrement porté sur le cilice (un objet de pénitence).
    Au regard de l'obéissance qu'il voue à son maître, nous ne sommes pas loin de l'endoctrinement. Ce que confirme Dan Brown en qualifiant l'organisation de "secte qui pratique le lavage de cerveau".
        
    Une certitude : l'Opus Dei excite la curiosité.
    On la surnomme parfois la "sainte mafia", et certains n'hésitent pas à s'adresser à l'œuvre comme à un réseau franc-maçon d'amitié et d'influences.
    Une réputation acquise à la fin de la période franquiste, quand l'Opus Dei fut accusée à tort de vouloir infiltrer le pouvoir, lorsque certains de ses membres furent nommés ministres.
    On peut comprendre que depuis cette mésaventure, ils cherchent à rester discrets.
    Au premier abord, rares sont les membres de l'Opus Dei à se présenter comme tels.
    C'est un engagement "privé" qu'ils prennent : celui de prier, d'aller à la messe, de se former.
        
    En France, l'œuvre dispose de peu d'effectifs et de moyens.
    Implantée depuis 1947, elle ne compte aujourd'hui que 1600 fidèles et coopérateurs, dont 26 prêtres.
    Une petite moyenne quand on sait que l'Opus à travers le monde, ce sont 85 000 fidèles dont 1900 prêtres.
    Le message de l'Oeuvre s'adresse particulièrement à des laïcs à qui il propose une "sanctification par le travail".
    "L'Opus Dei cherche à aider les gens à prier, à rencontrer Dieu dans leur quotidien", explique Arnaud Gency, directeur de la communication. Leur objectif : vivre la sainteté au quotidien et particulièrement dans leur travail.
    Une mission simple au cœur du monde, qui les incite à témoigner du Christ dans leur entourage par un "apostolat de rayonnement".
        
    Ce désir de suivre le Christ les pousse parfois à l'imiter jusque dans sa Passion.
    La mortification ? Oui, ça existe à l'Opus Dei. Mais "on respecte son corps. L'objet n'est pas de se faire mal mais d'apprendre à maîtriser son corps et son caractère et d'apprendre à aimer, en sortant de son égoïsme". Et par amour, de communier aux souffrances du Christ : "Une personne qui a un idéal élevé fait forcément des sacrifices".
    Mais tous vous le diront : la vraie mortification, c'est de vivre au quotidien la fidélité dans les petites choses !"
        
    L'Opus Dei adopte une attitude sereine face à l'image qu'on donne d'elle : "Nous n'avons aucun désir de polémiquer, déclare-t-elle. Nous continuons à gérer cette situation dans la transparence et avec un esprit constructif".
        
    NOTES
    1)-L'Opus Dei ("œuvre de Dieu", en latin) a été fondée le 2 octobre 1928 par Josémaria Escriva de Balaguer (canonisé en 2002), prêtre né en Espagne au début du XXe siècle. Reconnue par le Saint Siège en 1947, elle propose une formation chrétienne et un accompagnement spirituel, les invitant à l'apostolat et à la sanctification par le travail.
        
    2)-Numéraire : Laïcs, hommes ou femmes, qui s'engagent au célibat apostolique (18% des membres de l'Opus Dei). Parmi eux, certains sont ordonnés prêtres (2% des membres) et incardinés dans la prélature.
        
    3)-Surnuméraire : Laïcs mariés ou non, ils représentent 80% des membres de l'Opus Dei.
        
    4)-Prélature personnelle : L'Opus Dei a été érigée prélature personnelle (statut créé par le Concile Vatican II) en 1982. Sa structure est semblable à celle d'un diocèse avec un évêque (nommé à vie) à sa tête. L'Opus Dei dispose ainsi de son propre clergé et de la certitude que le message et l'esprit du fondateur seront partout les mêmes.