• "LES FEMMES MYSTIQUES" (ARCHIVES 1)

    Marguerite d'Oingt (1240-1310)

    LA CROIX DU CHRIST EST SEMBLABLE A LA TABLE DE L'ACCOUCHEMENT (extrait de l'audience générale du 3 novembre 2010)

    Le Dieu Trinité, le Dieu amour qui se révèle dans le Christ la fascine et Marguerite vit une relation d'amour profonde envers le Seigneur et, à l'opposé, elle voit l'ingratitude humaine jusqu'à la méchanceté, jusqu'au paradoxe de la croix.

    Elle affirme que la croix du Christ est semblable à la table de l'accouchement. La douleur de Jésus sur la croix est comparée à celle d'une mère. Elle écrit : "La mère qui me porta dans son sein, souffrit profondément en me donnant le jour, pendant un jour ou pendant une nuit, mais toi, doux et beau Seigneur, tu as été tourmenté pour moi non pas une nuit ou un jour seulement, mais pendant plus de trente ans [...]; combien as-tu souffert amèrement à cause de moi pendant toute ta vie ! Et lorsque vint le moment de l'accouchement, ton travail fut si douloureux que ta sainte sueur devint comme des gouttes de sang qui s'écoulaient le long de tout ton corps jusqu'à terre" (Ibid., Méditation 1, 33).

        

    Ste Brigitte de Suède (1303-1373)

    DES MOINES ET DES MONIALES SOUS L'AUTORITE D'UNE ABBESSE (extrait de l'audience générale du 27 octobre 2010)

    En 1349, Brigitte quitta définitivement la Suède et se rendit en pèlerinage à Rome. Elle entendait non seulement prendre part au Jubilé de 1350, mais elle désirait aussi obtenir du Pape l'approbation de la Règle d'un Ordre religieux qu'elle entendait fonder, consacré au Saint Sauveur, et composé de moines et moniales sous l'autorité de l'Abbesse.

    Cela ne doit pas nous surprendre : il existait au Moyen-Âge des fondations monastiques avec une branche masculine et une branche féminine, mais pratiquant la même règle monastique, qui prévoyait la direction d'une Abbesse.

    De fait, dans la grande tradition chrétienne, une dignité propre est reconnue à la femme, et - toujours à l'exemple de Marie, Reine des Apôtre - une place propre dans l'Eglise qui, sans coïncider avec le sacerdoce ordonné, est tout aussi importante pour la croissance spirituelle de la Communauté. En outre, la collaboration d'hommes et de femmes consacrés, toujours dans le respect de leur vocation spécifique, revêt une grande importance dans le monde d'aujourd'hui.

        

    Ste Claire d'Assise (1193-1253)

    LE RAYONNEMENT DE SAINTE CLAIRE AU COEUR DE LA VIE CACHEE (extrait de l'audience générale du 15 septembre 2010)

    Par la seule ostention du Très Saint Sacrement, elle éloigna les soldats mercenaires sarrazins, qui étaient sur le point d'agresser le couvent de Saint-Damien et de dévaster la ville d'Assise.

    Ces épisodes aussi, comme d'autres miracles, dont est conservée la mémoire, poussèrent le Pape Alexandre IV à la canoniser deux années seulement après sa mort, en 1255, traçant un éloge dans la Bulle de canonisation, où nous lisons : "Comme est vive la puissance de cette lumière et comme est forte la clarté de cette source lumineuse. Vraiment, cette lumière se tenait cachée dans la retraite de la vie de clôture et dehors rayonnaient des éclats lumineux; elle se recueillait dans un étroit monastère, et dehors elle se diffusait dans la grandeur du monde. Elle se protégeait à l'intérieur et elle se répandait à l'extérieur. Claire en effet, se cachait : mais sa vie était révélée à tous. Claire se taisait mais sa renommée criait" (FF, 3284).

    Et il en est véritablement ainsi, chers amis : ce sont les saints qui changent le monde en mieux, le transforme de manière durable, en insufflant les énergies que seul l'amour inspiré par l'Evangile peut susciter. Les saints sont les grands bienfaiteurs de l'humanité !

        

    Ste Claire d'Assise (1193-1253)

    L'AMITIE ENTRE SAINTE CLAIRE ET SAINT FRANCOIS D'ASSISE (extrait de l'audience générale du 15 septembre 2010)

    En particulier au début de son expérience religieuse, Claire trouva en François d'Assise non seulement un maître dont elle pouvait suivre les enseignements, mais également un ami fraternel.

    L'amitié entre ces deux saints constitue un très bel et important aspect. En effet, lorsque deux âmes pures et enflammées par le même amour pour le Christ se rencontrent, celles-ci tirent de leur amitié réciproque un encouragement très profond pour parcourir la voie de la perfection.

    L'amitié est l'un des sentiments humains les plus nobles et élevés que la Grâce divine purifie et transfigure.

    Comme saint François et sainte Claire, d'autres saints également ont vécu une profonde amitié sur leur chemin vers la perfection chrétienne, comme saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise de Chantal. Et précisémment saint François de Sales écrit : "Il est beau de pouvoir aimer sur terre comme on aime au ciel, et d'apprendre à s'aimer en ce monde comme nous le ferons éternellement dans l'autre. Je ne parle pas ici du simple amour de charité, car nous devons avoir celui-ci pour tous les hommes; je parle de l'amitié spirituelle, dans le cadre de laquelle, deux, trois ou plusieurs personnes s'échangent les dévotions, les affections spirituelles et deviennent réellement un seul esprit" (Introduction à la vie de dévote, III, 19).

        

    Ste Hildegarde de Bingen (1098-1179)

    COMMENT L'EGLISE PEUT SE RENOUVELER (extrait de l'audience générale du 8 septembre 2010) 

    Avec l'autorité spirituelle dont elle était dotée, au cours des dernières années de sa vie, Hildegarde se mit en voyage, malgré son âge avancé et les conditions difficiles des déplacements, pour parler de Dieu aux populations.

    Tous l'écoutaient volontiers, même lorsqu'elle prenait un ton sévère : ils la considéraient comme une messagère envoyée par Dieu.

    Elle rappelait surtout les communautés monastiques et le clergé à une vie conforme à leur vocation. De manière particulière, Hildegarde s'opposa au mouvement des cathares allemands. Ces derniers - littéralement cathares signifie "purs" - prônaient une réforme radicale de l'Eglise, en particulier pour combattre les abus du clergé.

    Elle leur reprocha sévèrement de vouloir renverser la nature même de l'Eglise, en leur rappelant qu'un véritable renouvellement de la communauté ecclésiale ne s'obtient pas tant avec le changement des structures, qu'avec un esprit de pénitence sincère et un chemin actif de conversion.

    Il s'agit là d'un message que nous ne devrions jamais oublier.