• LES SEIGNEURS ET LA NOMINATION DES ABBES DANS LES GRANDS ORDRES MONASTIQUES (du XIe au XIIIe siècle) (supplément 3A)

    Voici cinq petits points très courts pour bien comprendre en quoi l'arrivée des grands ordres monastiques (du XIe au XIIIe siècle) a permis à l'Eglise de se libérer de l'emprise des seigneurs et du système féodal (quoique pas totalement).
        
    1-Les premiers moines sont apparus au moment où l'Empire Romain s'est converti au christianisme (au IVe siècle).
    Etre chrétien était alors devenu quelque chose de "facile", de "courant", voire même de "banal". Peu à peu, le "sel" avait perdu de sa saveur.
    C'est pourquoi certains chrétiens ont ressenti le besoin de se mettre "à l'écart" pour retrouver le chemin de la vraie foi.
        
    2-Les premiers moines sont apparus en Egypte. Il s'agit principalement de Saint Pacôme et de Saint Antoine.
    Au début, ils étaient de simples ermites, puis, peu à peu, ils ont constitué des "groupements d'ermites" qui sont devenus des communautés.
        
    3-En Orient, c'est la règle de Saint Basile qui a été adopté comme la règle commune à toutes les communautés.
    En Occident, c'est la règle de Saint Benoît (480-547) qui a été choisie. On l'appelle aussi : la règle bénédictine (elle est disponible dans toutes les bonnes librairies religieuses).
        
    4-Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le fait d'avoir une règle commune n'impliquait pas que les communautés de l'époque étaient liées entre elles.
    Au contraire, elles étaient complètement indépendantes les unes par rapport aux autres.
    Chacune appartenait à un domaine seigneurial particulier et c'est le seigneur qui nommait les abbés.
    La règle de Saint Benoît était "un simple outil commun".
    C'est un peu comme pour l'informatique : des secrétaires qui vivent dans différents endroits du monde peuvent très bien travailler sur le même ordinateur, avec le même programme... sans pour cela être en relation.
        
    5-A partir du moment où les grands groupements sont nés, la chose fondamentale qui a changé est que c'est toujours l'abbé de la maison mère (par exemple : Cluny) qui a nommé les abbés des maisons rattachées à l'ordre (le nombre de ces maisons, rappelons-le, dépassait parfois le millier).
    C'est là un point très important car les seigneurs ont alors perdu leur "pouvoir" d'investiture (même s'il est certain que leur "influence" devait se faire encore sentir).
        
    En ce sens, on peut dire que les grands groupements ont aidé l'Eglise à se libérer du système féodal.